Un jour par an, c’est la tradition, on décide de faire gaffe un peu à notre condition. et a chaque fois, des tas de réunions, de tas de dirigeants en super costume (ou pas) se concertent pendant des heures, font des tas de propositions et sortent de là avec un genre de constat accablant : c’est la misère. Sans blague. Nous on est France, une situation sociale que les 3/4 de la planète nous envie, et ça reste pourtant la misère.

Je n’essaie plus de savoir pourquoi on continue à être bien mal payées, pourquoi on continue trop souvent de parler de « l’heure des mamans », pourquoi les maîtresses ne parlent jamais des mes enfants à mon mari (genre, c’est pas son problème, mais le mien), pourquoi à chaque entretien d’embauche on m’a systématiquement demandé si j’avais un mode de garde (pourquoi, c’est pas toi qui t’en occuperas de mes gamins, DuSchmock?). Je ne cherche non plus à comprendre pourquoi il y’a aussi peu d’ingénieurEs femmes alors que ce sont parmi les secteurs qui recrutent le plus en ce moment, ni pourquoi on est encore obligés de faire de la discrimination positive même dans les plus hautes instances institutionnelles et dans les entreprises. Je ne me demanderais pas non plus pourquoi les publicitaires s’acharnent à montrer des femmes qui ont des orgasmes alimentaires en dégustant des yaourts autant allégés en matières grasses et sucres qu’ils sont chargés en composants cancérigènes, puis, rassasiees, toute de « Bree Van de Kamp » vêtues, nettoierons leur intérieur aussi parfait que fade (Attention Bree elle vire nympho sur la fin..).

Non tout ça, c’est pas pour nous. On a ni les réponses, ni les moyens de répondre. Whatever. Tout ça se passe de toutes façons en stoemelincks et pas mal de choses nous échappent.

feministe

En revanche, dans notre quotidien, on a largement de quoi se faire notre place dans une société qui se demande théoriquement comment elle va faire pour ne plus qu’on se moque de nous. N’attends pas qu’on te donne cocotte, sers-toi. this is the way it goes.

Tu te bats entre 2 jobs, un salarié, un free-lance, tes gamins, ta vie de femme, de copine, de mère, de maîtresse, d’infirmière, d’architecte d’intérieur, de chef de projet, de chef d’entreprise, de comptable, de responsable achats, continue. Si c’est ce que tu veux.

Tu vis ta vie en étant une femme libérée, une femme autoritaire, une ado shootée aux hormones, tour à tour frivole et emmerdeuse, une fois carriériste une fois cocoonante, keep going. Si c’est ce que tu veux.

Tu vis ta vie de femme au foyer, chef étoilé, super organisatrice, directrice de foyer, supporter de carrière maritale, active et bénévole dans les 43 associations de ta ville, continue. Si c’est ce que tu veux.

Fais ce que tu veux, mais il faut d’abord que tu le saches, ce que tu veux vraiment. Ce ne sont ni les instances gouvernementales, ni ONG, ni Najat, ni Nicolas, ni Mitt, ni Barack, ni François, ni ton mari, ni tes enfants qui peuvent le savoir. Eux, ils réfléchissent, cogitent, spéculent, proposent et instaurent. Alors toi, écoute-toi, déjà. Il paraît que ça s’appelle l’empowerment : savoir ce qu’on veut, chercher ce qu’on a dans le ventre pour se prendre en charge. Toutes seules.

Dans notre vie à nous, nous on arrive au bureau un oeil maquillé et l’autre non parce qu’on est parties à l’arrache (faille dans la chaine kids-logistics qui est toujours en just in time) et que finalement, y’avait beaucoup moins de feux rouges sur le chemin pour terminer l’autre oeil. Pas grave, c’est vite réglé ça.

Nous, dans notre quotidienne de vie, on s’endort parfois sur un bouquin quant on pose notre derrière (somptueux, malgré les 3 grossesses) sur le canapé après avoir calé 2 journées en une. Mais comme on est complètement geek et qu’on a pianoté toute la journée sur notre smartphone,c’est pas grave, on a l’impression d’avoir appris des trucs intéressants.

Nous, dans la vie de tous les jours, des fois on est ultra pimpantes, sur des stilettos et on assure notre rôle de femme importante dans un super tailleur acheté en soldes (à cause des travaux dans la maison) mais d’autres fois on entame une relation adultère intense avec notre pyjama molleton et nos chaussons chats.

Pas grave. On est ce qu’on est. Mais y’a que nous pour le savoir. Et le vivre.

Alors ta journée de la femme, prends-la et vis-la comme tu l’entends. Si tu veux te faire une journée légèrement regressive, vas y, on s’en fout que ce ne soit pas dans les codes du féminisme.

Pour moi, être féministe aujourd’hui, c’est déjà savoir ce qu’on veut…et l’assumer total.

Bonne journée Ladies!!!

6 commentaires sur « Ma redéfinition du féminisme »

  1. Génial ! Très bien écris et tout à fait ce que je pense… Ecoutons-nous, et faisons les choses pour nous et pas pour les autres…

  2. Merci merci merci! Je suis vraiment touchée par vos commentaires, vos avis, etc! et je suis ravie d’avoir touché un point si crucial et si sensible! Go go go girls 🙂

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