(Si t’as pas envie de me lire, tu peux toujours m’écouter. J’en ai parlé dans « C’est tout vu » sur Bel RTL avec Jean-Michel Zecca)

http://www.rtl.be/videobelrtl/page/rtl-video-en-embed/640.aspx?VideoID=616004

http://www.rtl.be/belrtl/video/616004.aspx

Lundi dernier, c’était la journée mondiale du smartphone. L’occasion de réfléchir à l’usage que l’on en fait, tout ce qu’on en fait de bien ou pas, et donc, de prendre du recul sur son utilisation. J’avoue avoir été un peu aidée par les circonstances : j’ai tout bêtement fait tomber mon téléphone une fois de trop et il a décédé. J’ai traversé les 5 étapes du deuil, je me suis aussi acharnée devant son écran désormais impassible, je l’ai rejeté pour voir, j’ai été très triste, etc. etc.  J’ai eu de la chance d’être sous garantie, mais du coup, j’avais un téléphone pour ainsi dire, vierge. Je partais de zéro. On connaissait le nouveau look pour une nouvelle vie, on a la version connectée (ou pas) : Nouveau téléphone pour une nouvelle vie.

Des chercheurs très sérieux ont identifié plusieurs signes qui montrent que vous êtes accro. C’est une addiction très sérieuse suivie par des scientifiques pas forcément en blouse blanche et tout et tout, mais surtout soigneusement déclenchée par d’autres scientifiques, psychologues, neurologues, etc. très sérieux eux aussi, eux aussi pas forcément en blouse blanche, pour vous inciter à vous connecter plusieurs fois, voire dizaines de fois par jour. Ils cultivent la FOMO, Fear of Missing Out. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 78% des moins de 25 ans (contre 42% de l’ensemble des interrogés tous âges confondus) se considèrent comme accros à leur téléphone mobile (IFOP, février 2014). Accro, c’est-à-dire être incapable de passer une heure sans consulter son smartphone, être énervé d’être à court de batterie ou sans couverture réseau, être incapable de dormir sans son smartphone à côté du lit voire même sous l’oreiller (pour 44% des jeunes selon le sondage Pew Internet Project, 2013) et simplement ne pas s’imaginer pouvoir vivre sans leur téléphone.

On appelle ça « la nomophobie ». Contraction de « no mobile phobia ». Vous êtes tristes quand vous sortez sans lui. Vous avez développé un nouveau réflexe (les pavloviens devraient l’étudier). Avant, y’avait le petit coup de marteau sur le genou pour vérifier que tout va bien, aujourd’hui, il y’a le petit doigt qui appuie sur le téléphone pour vérifier que rien ne s’est passé depuis les 49 dernières secondes. FOMO. Vous êtes accrochés aux prises du café pour le recharger. Une vidéo que vous ne pouvez pas regarder sur youtube n’existe pas.

Bref, j’ai suivi une detox pendant 10 jours.

J’ai composé ma détox comme suit : j’ai gardé, pendant 10 jours, juste les sms et les appels. Plus de mails sauf sur mon ordinateur, whatsapp, viber, facetime, messenger facebook, instagram (moi qui suis une instagrameuse compulsive, c’était dur), skype, outils de retouches de photos, snapchat, youtube, spotify, smartbanking, etc. Vous avez compris. Pendant une semaine, je vis en mode nokia 6110, sauf que je ne peux pas faire d’haltères avec.

Exil social?

Franchement, j’ai frôlé l’exil social. ça aurait été trop facile de l’annoncer via Facebook, j’avais envie de pousser le challenge.

Jour 1 : Ma mère est la première à s’inquiéter. Elle lance un avis de recherche auprès de mes frères et soeurs en demandant pourquoi je ne répondais plus aux messages sur le groupe messenger Facebook depuis au moins 12h. Pourtant, on y avait eu une vidéo live montrant les premiers pas de mon neveu. Impossible de ne pas réagir, non? 

Jour 2 : Puis mes copines sont en panique. Je n’ai pas réagi depuis 48 h sur le groupe whatsapp annonçant l’anniversaire surprise d’une amie. Quelque chose a dû se passer…la tension est à son comble.

Jour 3 : Mon smartphone s’inquiète. Il ne se passe rien sur mon téléphone. il m’envoie une notification “apprenez à en faire plus avec votre smartphone”. La batterie, elle, demande à être cryogénisée tellement ses records de longévité sont impressionnants. Le soir, je suis à 88% de batterie. Folie.

Jour 4 : Un attaché de presse s’affole. Je n’ai pas répondu à sa demande d’interview via FB. Pendant ce temps là, j’échange avec Barbara Mertens, rédac chef de Bel RtL,  et je lui demande si à son avis, envoyer un émoticône via son téléphone c’est utiliser de la donnée, donc un smartphone. Elle me dit que oui. Je frôle le désastre relationnel avec ma babysitter parce que je signe sans le petit singe caché, sans coeur et sans danseuse espagnole.  Elle pense que je suis fâchée.

Jour 5 : Après mon sujet passionnant et capital sur l’omniprésence de la ST Valentin, je veux prouver à tous qu’elle est bien partout, puisque je vois des T-shirts roses avec des coeurs pour les enfants dans les magasins. à côté des oeufs de pâques, en février. Je me dis que le monde marche sur la tête, mais je ne peux poster de photo. Dommage.

Je pense que j’ai économisé 576 euros en utilisant pas mes applications shopping pendant une semaine. Ils menacent probablement de déposer le bilan.

Jour 6 : Mes amis me téléphonent, inquiets. Je n’ai plus posté de photo instagram depuis 6 jours, mon compte a l’air démodé. Je dois me reprendre. Mais pas de suite. Comme il ne se passe plus rien sur mon téléphone, je l’oublie. Je découvre un truc de fou : je suis joignable quand je le décide, pas quand on veut me parler. dinguerie.

Le soir, je n’arrive pas à dormir, il doit y avoir une lune. je ne prends pas mon téléphone, mais un livre.

Jour 7 : accident sur le ring, j’aurais du mettre l’application gps en temps réel Waze. J’évite la E40 de justesse. Je rentre épuisée, je veux faire les courses via mon app, mais je ne peux pas. Je veux commander via UberEats, mais je ne peux pas non plus. on mangera des pâtes à l’huile d’olive. Economie en food delivery : 94,32 euros.

Jour 8 : je suis invitée à une soirée déguisée en thématique rock’n’roll glam. J’hésite entre la perruque bleue et la blonde. Je ne vais pas pouvoir demander l’avis des mes amis. Je prends les deux, j’ai fait des heureux pendant la soirée. Comme je n’ai pas pris de photo puisque je ne pouvais pas en envoyer, je devrais recommencer. ça vaut le détour.

Conclusion …

Je vous la recommande à tous. Elle remet l’église, la mosquée, la synagogue au milieu du village. D’ailleurs, j’ai respecté le kippour du smartphone, la pâques de la donnée internet, le ramadan de la connection. Je promets d’utiliser mon téléphone plus sagement à l’avenir, parce que ça libère. Tout n’est pas nécessaire tout le temps, même si tout est plus ou moins utile. ou pas.

 

Ps  : si tu veux faire ça  bien et en tirer de bons enseignements, je te recommande ce cahier d’exercices d’Alia Cardyn.
tu peux trouver ça à peu près partout, en librairies et cafés sympas !

digitaldetoxcardyn

 

 

 

Un commentaire sur « Bref, j’ai fait une digital detox. »

  1. Cet article est super ! La digital detox, j’y pense aussi, mais je crois que je fais vraiment partie des 42% vraiment accro… Je me dis que je pourrais commencer par un jour … Au moins je ne dors pas avec mon téléphone, il est en mode avion, c’est déjà ça ! 🙈

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